temps morts
résidence de recherche 2026
 
porteuse de projet, chorégraphe, danseuse : Nathalie Bonafé 
artiste plasticien et sonore : Matthias Ruthenberg / reverb und reue
dramaturgie, mise en scène : Justine Salvaro

Production demeure drue en cours. Dans le cadre du CTEAC Meuse Grand Sud avec le soutien de la DRAC Grand-Est, la communauté d’agglomération Bar le Duc Sud Meuse, le rectorat de l’Académie de Nancy-Metz et le département de la Meuse. Dans le cadre du dispositif CTEAC – CréaCtion Meuse Grand Sud, demeure drue propose un projet de territoire performatif explorant le vide comme espace de relation. programme de résidence en cours d’élaboration, deuxième semestre.

Nous envisageons ce projet comme une expérience collective, capable de tisser du lien entre les habitant.e.s, les espaces du quotidien et les ressources invisibles d’un territoire rural, marqué par l’éloignement entre les lieux, la discrétion des présences et une multitude de creux à habiter.

Pour cela, nous nous associons en trio Nathalie Bonafé, Matthias Ruthenberg, plasticien et artiste sonore allemand qui habite la question du vide par un travail du petit et du « à peine » et Justine Salvaro metteuse en scène et dramaturge spécialisée dans la collecte de témoignage.

« Regarde le vide, tu y trouveras des trésors »
Jules Renard, Journal de Jules Renard 1899-1904



 
C’est à partir de cette phrase que s’est tissé le fil de ce projet. Le vide : ce qui échappe à l’usage, à la fonction, à l’agenda. Les temps morts, les creux, les interstices, les non-lieux. Ce qui semble inutile, invisible, oublié. Et pourtant : c’est là, précisément, que quelque chose peut apparaître.

Nous croyons que les vides sont des espaces de transformation. Des lieux poreux, des temps où l’attention se déplace. Où l’on peut ralentir, ressentir, se relier. Où l’on peut créer.  

Comme l’écrivait Peter Brook : « L’espace vide ne signifie pas un lieu où il ne se passe rien. Il signifie un lieu où tout peut arriver. »

C’est ce potentiel que nous voulons activer : rendre aux lieux banals, traversés, silencieux, leur capacité d’étonnement et de surgissement.
Il ne s’agit pas de venir « animer » les espaces délaissés, mais de les fréquenter autrement. Marcher dans un parking vide comme on entre dans un théâtre. S’asseoir dans un abribus désert et écouter une voix. Regarder une friche comme une scène. Être là, ensemble, attentifs au presque rien.

Ce projet est profondément poétique, mais aussi politique : faire exister le vide, c’est refuser qu’il soit nié, c’est reconnaître sa puissance de rencontre, d’invention, de partage.